Le Parc

Il était une fois un roi qui possédait un parc magnifique. Or, un beau matin, il découvrit que toutes les plantes de son parc avaient perdu leur fraîcheur et qu’elles se laissaient mourir.

Il demanda au chêne, qui se trouvait près de l’entrée du parc, quelle était la raison de son chagrin. Celui-ci répondit qu’il était fatigué de vivre et qu’il voulait mourir parce qu’il n’était pas aussi grand que le pin, ni aussi majestueux.

Le pin se lamentait parce qu’il ne portait pas de grappes, comme en portait la vigne.

La vigne, quant à elle, songeait à se donner la mort parce qu’elle était incapable de se tenir droite et de produire d’aussi beaux fruits que le pêcher.

Le géranium se plaignait qu’il était plus petit que le lilas et n’exhalait pas, comme lui, un arôme délicat.

Et dans tout le jardin, il en était de même…

Toutefois, le roi aperçut une pâquerette dont le visage n’avait rien perdu de son éclat et de sa gaieté.

― Ma chère pâquerette, dit-il, je suis heureux de découvrir, au milieu de pareille déconfiture, une petite fleur courageuse. Tu ne sembles aucunement démoralisée.

― Non. Je ne suis pas grand-chose, mais je me suis dis que si, au lieu de moi, tu avais voulu un chêne, un pin, un pécher ou un lilas, c’est cela que tu aurais planté. Mais tu voulais une pâquerette, alors j’ai décidé d’être la plus belle petite pâquerette qui soit !

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